Quartier de la Porte de Paris à Saint-Denis - Crédits : Som Vosavanh
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Déclaration du président

Publié le 06/12/2016

Discours du président lors de la cérémonie de remise de la Légion d’Honneur

Le 18 novembre 2016

Bonsoir à chacune et chacun, 

Avant de répondre, selon la tradition, aux propos de Jacques, j’aurai une pensée pour les personnes qui ont subi, il y a tout juste un an, l’assaut du raid, rue du Corbillon, suite aux attentats du 13 novembre à Saint-Denis et à Paris. 

Je me permettrai de reprendre les propos du fils de Monsieur DIAS qui a perdu la vie à la porte du Stade. Des propos d’une grande responsabilité, d’une grande dignité : 

«  Nous devons combattre le terrorisme par la connaissance, l’intelligence, la tolérance envers toutes les différences et l’intégration sociale. Ce qui me tient à cœur, c’est de dire, de répéter que, pour comprendre les véritables raisons du terrorisme, il faut démocratiser l’information et la compréhension du monde. Il faut aider les citoyens à devenir conscients, à saisir les tenants et les aboutissants, au lieu de s’enfermer dans l’ignorance et dans l’opacité en pointant du doigt des faux coupables. Nous avons un travail colossal de compréhension et de cohésion à mener pour repousser les idéologies aussi simplistes que funestes. Plutôt que de stigmatiser, d’exacerber les différences en faisant croire que c’est par l’exclusion que l’on trouvera notre salut, il faudrait que soient offertes à tous les mêmes chances de réussite ».

Inutile de vous dire que je partage pleinement ses propos.

Mais revenons à ce qui nous réunit ce soir. Beaucoup savent que j’ai hésité longtemps pour accepter cette distinction. Deux personnalités qui ont contribué pour des raisons diverses à la construction de ma personnalité, Jean-Paul Sartre et Jack Ralite, l’avaient refusée. J’étais enclin à suivre leur exemple. 

Mais de fait, en vous voyant, toutes et tous réunis ce soir, et au moins pour cela, je ne regrette pas finalement d’avoir opté pour cette remise. Pourquoi ai-je hésité ? Tout simplement parce que je pensais, et pense encore, que dans mon métier d’enseignant puis dans mes fonctions d’élu rien ne justifiait cette Légion d’Honneur. Je n’ai fait qu’accomplir le mieux possible mon travail. Je n’ai fait acte d’aucun courage particulier, je n’ai sauvé aucune vie, n’ai pas réalisé le moindre exploit sportif, n’ai pas fait une découverte scientifique, et si j’ai fait mon service militaire, c’est dans les champs viticoles d’Epernay, finissant 2è classe, et sans fait de guerre.

Ainsi, je reçois, comme beaucoup de récipiendaires, cette médaille pour avoir assuré le plus correctement possible les fonctions qui ont été les miennes. Une sorte de prix de satisfaction ou d’honneur, comme il en existait à l’école jadis, pour récompenser un travail bien fait. 

Mais alors pourquoi l’avoir acceptée ?

Et aussi grâce ou à cause de qui ? Allez ! Je vais positiver en utilisant le mot grâce. Donc grâce à qui ? Et bien grâce à 4 personnes.

En premier lieu grâce à celui qui a fait la démarche pour que je l’obtienne, auprès du Ministère de la fonction publique. Une démarche opiniâtre voire entêtée, que révèle le nombre de courriers qui ont été envoyés. 

Cette personne, c’est le maire d’Epinay, Hervé Chevreau. Hervé et moi n’avons pas, c’est un euphémisme, les mêmes idées politiques : nos différences, nos divergences sont profondes. Je le remercie d’autant plus de sa démarche. Il a fait fi de ses considérations politiques ne retenant, sans doute, que l’action que j’ai menée et que Jacques a rappelée à l’instant. 

La deuxième responsable est ma femme Chantal. C’est elle qui m’a finalement convaincu en m’expliquant pourquoi ou plutôt pour qui je devais l’accepter. Enfin, les deux derniers responsables sont pour moi indissociables, et ce sont les deux complices qui se trouvent à mes côtés, complices d’un engagement profond au service de la population de Saint-Denis et du territoire de Plaine Commune. Les souvenirs de notre travail commun sont trop nombreux pour être tous cités mais permettez-moi d’avoir une pensée particulière pour 10 années de travail allant de 1993 - décision de l’implantation du Stade de France -  jusqu’à 2003 - année des Mondiaux d’athlétisme et de l’accueil du Forum Social Européen - en passant par la coupe du Monde 98, la Carnavalcade, les démarches quartiers, les rencontres « bonjour voisin », le dynamisme économique impulsé par Plaine Renaissance, (merci Jacques Grossard),  la naissance de Saint-Denis Promotion, d’Objectif emploi, et le nec plus ultra, la création de Plaine Commune, coopérative de villes. 

10 ans d’une aventure et d’une complicité humaines comme peu d’élus ont l’occasion d’en vivre. C’est aussi pourquoi la mairie de Saint-Denis s’est imposée comme le lieu naturel de cette remise  car c’est là que tout a commencé. 

Ma première réaction aux propos de Jacques sera de vous dire : rassurez-vous, décomplexez-vous, j’ai moi aussi comme chacun d’entre nous quelques défauts, petits et grands. Et, en fouillant un peu plus, quelques petites et grandes faiblesses. Et, en allant en profondeur, comme tout un chacun, des moments de lâcheté ou de bassesse. Bref j’ai été un « instit ordinaire », un « maire normal » et suis encore un « président normal ». Et puisque je parle de « président normal » je serais tenté, à l’instar d’un autre président, de construire mon intervention sur l’assise suivante : «  Moi, Président, chevalier de la Légion d’Honneur… ». Sauf que derrière cette entrée en matière, il n’y aura aucune promesse mais un certain nombre de « mercis ». 

Car, et c’est le pourquoi de mon acceptation, cette soirée me permet de remercier tous ceux que je veux associer à cette distinction :

Vous tous, ici présents, mais aussi celles et ceux qui m’ont adressé un mot pour s’excuser de leur absence et me dire qu’ils seraient là par la pensée ; tous ceux aussi, qui perdus de vue ou décédés, m’ont néanmoins beaucoup influencé dans mon parcours personnel et professionnel. 

Parmi eux, une première pensée et un premier merci (et ce sera la seule note personnelle) pour mes parents qui seraient sans doute fiers de leur progéniture. Surtout ma mère qui aimait tant les uniformes et les décorations. Ils ont su nous inculquer, à mon frère Didier et à moi-même, quelques valeurs, quelques principes liés à leur condition ouvrière, modeste mais digne.

Mais revenons à vous tous. Ce soir, par votre diversité, par votre singularité, vous représentez le Saint-Denis que j’aime, le territoire de Plaine Commune que nous avons construit ensemble. « Moi, Chevalier de la Légion d’Honneur »… je tiens à vous associer à cette distinction individuellement et collectivement, vous la dédier, car, pour une très grande majorité, vous la méritez autant que moi. 

Je voudrais commencer par y associer tous les élus, du local au national, qui m’ont aidé à forger mes convictions, ceux  que j’ai rencontrés dans mes différents mandats et qui, quelle que soit  leur couleur politique, ont pu être des interlocuteurs, des partenaires pour faire avancer des projets au service de l’intérêt général. Beaucoup m’ont appris que la politique, quand elle est capable de dépasser les postures politiciennes, peut produire de grandes choses. Un merci particulier à deux d’entre eux : Marcelin Berthelot, qui a été en quelque sorte mon père politique, et Didier Paillard que j’ai déjà remercié, sans qui, sachez-le, bon nombre de choses positives qui se sont passées à Saint-Denis et à Plaine Commune n’auraient jamais vu le jour. 

Y associer aussi tous les élus que j’ai connus au Brésil, en Palestine, en Espagne, au Mali, en Algérie, en Italie, en Corée du Sud et partout dans le monde. Malgré des situations très différentes et souvent plus difficiles, je partageais les mêmes objectifs, faisais vivre les mêmes valeurs. Ces élus qui œuvrent pour l’inclusion sociale, pour des villes et des métropoles solidaires, polycentriques et non ségrégatives et avec lesquels je me suis battu sur cette notion « Du droit à la ville pour tous », adopté par Habitat III à Quito il y a quelques semaines. 

Merci à tous les militants politiques, les colleurs d’affiches, les distributeurs de tracts, les as du porte à porte qui m’ont accompagné dans mes campagnes électorales, toujours présents dans les victoires mais aussi dans la défaite. 

Merci aux militants syndicaux, (ceux du SNI et de la FEN) et plus particulièrement aux syndicalistes de Saint-Denis et de Plaine Commune qui défendent avec conviction les salariés, et avec lesquels je crains que l’on ait ensemble de rudes batailles à mener, à l’avenir, face aux menaces contre la fonction publique.

Merci aux militants associatifs pour leur dévouement, aux sportifs, aux amicales de locataires et comités de quartier, de défense de l’environnement ou du droit des femmes. 

Merci aux collectifs divers qui se forment pour défendre des libertés ; une pensée particulière pour le collectif des sans-papiers du 93 dont on a fêté, il y a quelques jours, à Saint-Denis, le 20è anniversaire.  
    

Parmi vous ce soir, bon nombre sont des amis de Saint-Denis, des familiers de Plaine Commune. Vous n’y habitez pas mais vous y exercez une activité professionnelle. Vous êtes journalistes, notaires, avocats, médecins, chefs d’entreprise, promoteurs, investisseurs, commerçants et même maraîcher. Beaucoup de choses nous séparent. Et néanmoins, nous avons fait le pari de considérer qu’au-delà de nos différences politiques, au-delà de nos différences d’intérêt, nous pouvons travailler ensemble dans une confiance réciproque, chacun dans son rôle et, dans un respect partagé. 

Comment ne pas citer Saint-Denis Promotion, devenue Plaine Commune Promotion, association sans équivalent dans l’hexagone et même dans le monde, et le travail qu’elle accomplit en faveur des habitants de ce territoire. Merci à Francis Dubrac, à tous ceux qui consacrent de leur temps à la faire vivre. Et dans cet univers économique, un merci particulier à tous les acteurs de l’économie sociale et solidaire, qui chaque jour, font la démonstration qu’un autre modèle économique est possible. 

Comment ensuite ne pas associer à cette distinction ceux qui ont contribué à transformer notre territoire, ces hommes de l’art que sont les architectes, les urbanistes, les paysagistes qui, à nos côtés, construisent la ville de demain. A leur contact, j’ai énormément appris ; ils m’ont apporté réflexion et recul. Avec elles, avec eux, là encore, des discussions franches sans concession. Ces multiples colloques, tables rondes, débats auxquels je participe à leur côtés sont de belles rencontres, qui ne cessent de tenter de trouver des réponses aux questions sur la ville, sur les métropoles, sur le sens de l’action publique et des réponses aux grands défis que nous devons relever.

Un grand merci aussi à celles et ceux qui, grâce à leur travail, alimentent réflexion et pensée, à la seule condition que l’on considère leur travail et qu’on trouve le temps de s’y plonger pour en ressortir toujours plus intelligent, plus fort. Merci donc à vous économistes, philosophes, sociologues, archéologues, géographes, intellectuels, universitaires et scientifiques de toutes disciplines qui nous aident à penser la ville, à penser le monde, qui nous aident à redonner du sens dans un monde de plus en plus privé de boussole.

Bien sûr, personne ne sera surpris si ma dédicace suivante s’adresse aux artistes et aux acteurs culturels. Mais personne ne peut mesurer ce qu’ils ont pu m’apporter dans mon ouverture au monde. C’est Colette Magny qui chantait : « Il n’existe pas de conflit sérieux entre le beau et l’utile ». Ceci est d’autant plus vrai sur un territoire comme le nôtre. Nos populations ont besoin de l’utile, et ils ont droit au beau.

Merci à vous tous : peintres, sculpteurs, rappeurs, chanteurs, slameurs, metteurs en scènes, danseurs, circassiens, cinéastes, acteurs pour nous aider à comprendre ce monde, à l’interpeler, à le provoquer, à le déstabiliser, pour le transformer.

Une mention particulière au théâtre que j’affectionne. Le théâtre, ce lieu de « transport en commun » comme aime à le rappeler Thierry Paquot. Ce lieu de spectacle vivant qui, le temps d’une représentation, met de côté tout ce qui divise les hommes : différence d’origine, différence d’éducation religieuse ou politique, différence de langage et qui en revanche met en valeur tout ce que les hommes et les femmes ont de commun : le rire et les larmes, la joie et la tristesse, le bonheur et l’angoisse,  bref tout ce qui vient du cœur. Ce théâtre qui nourrit aussi notre réflexion, nous ouvre de nouveaux horizons, nous donne à penser.

Un merci plus particulier à tous ces écrivains qui grâce à leurs romans m’ont accompagné dans des milliers de réunions, dans les quelques 300 conseils municipaux, dans les 120 conseils communautaires, et qui m’ont permis de me tenir en éveil (je n’ai pas dit éveillé), et de maintenir une certaine concentration. Merci donc à vous Mankell, Sartre, Kundera, Auster, De Luca, Murakami et consorts.

Mais la lecture n’est pas propre aux réunions. L’ultime plaisir, culturel j’entends, sont ces moments volés de lecture et d’écoute musicale. Bien sûr il faut savoir faire les bons mariages : un Connely accompagné de Wayne Shorter, un Eri De Luca de Gustav Mahler, un Bret Easton Ellis de David Bowie (Ah ! Bowie) Un Michel Houellebecq de Philip Glass ou de Gavin Bryars, et une bonne BD d’un bon vieux Beatles. 

Une courte dédicace aussi aux verbicrucistes (ceux qui font les mots croisés) qui ont joué le même rôle durant des milliers d’heures de réunion, pendant ces 33 ans de mandat.

Plus sérieusement, mon avant-dernier merci s’adresse à tous les salariés de la ville et de Plaine Commune,  ceux de la SEM et de Plaine Commune Habitat qui au quotidien font vivre l’action publique. Ces agents qui, par leur compétence, leur savoir-faire dans des domaines très divers, permettent à nos populations de bénéficier d’un service public de qualité. Ceux de Plaine Commune savent que j’apprécie particulièrement les rencontres du président où je m’enrichis toujours autant auprès d’eux. Leur travail souvent peu respecté, parfois méprisé, mérite particulièrement d’être associé à cette distinction.

Bien sûr une pensée particulière à tous mes collaborateurs les plus proches. Ils sont tellement nombreux que je ne peux les citer tous mais ils et surtout elles car il y a plus de femmes que d’hommes et j’en suis très fier, savent que sans leur présence à mes côtés, rien de ce qui a été accompli ne l’aurait été.

Merci donc aux directions générales de Saint-Denis et de Plaine Commune, à mes 4 DG Jacques, Luc, Jean-Pierre et Mélanie et à mes directeurs de cabinet Sylvie, Gilles, Bruno, Céline, à leurs équipes. Merci à mes collaboratrices et collaborateurs au sein de Cité et gouvernements locaux Unis, Eva, Tonio, Magalie. Merci à ma déléguée générale Nathalie appelée à d’autres fonctions, et à son équipe au sein du Fondaction du Football. Merci à tous mes attachés parlementaires, stagiaires et collaborateurs qui m’ont accompagné dans ma fonction de député ou de questeur. Merci aux directions des outils « PCH et SEM Plaine Commune développement » Sébastien et Catherine et à leurs équipes qui apportent leur compétence auprès des collectivités locales. Merci à tous mes anciens élèves dont je garde un excellent souvenir, que j’espère partagé.

Enfin, « moi Président, Chevalier de la Légion d’honneur » je remercie et donc dédie cette distinction à tout le monde du travail qui structure individu et société mais aussi à  tous les sans grade, ceux qui ne sont que trop peu souvent dans la lumière : les sans-papiers, les sans toit, les sans droit, les classes populaires, les oubliés de la métropolisation, et plus généralement ceux qui sont stigmatisés, caricaturés, ceux que l’on appelle finalement à tort les « sans » car ils sont « pleins », pleins de leurs ressources, de leur vitalité, de leur énergie, de leur capacité à se mobiliser, à s’unir, à être solidaires, à inventer pour changer leur vie. Merci à tous ceux que je continue à rencontrer, à recevoir pour tenter d’apporter une solution ou simplement un réconfort. Dans un monde où l’humanité se fait trop rare, où la fraternité est bafouée : partager un café, écouter, échanger avec l’autre, être dans une relation d’égalité, d’humain à humain, c’est déjà lutter contre la précarité, contre la relégation, c’est contribuer à rendre visible ceux que certains voudraient ensevelir. Merci à tous ces anonymes qui pour moi ne le sont plus. 

Vous l’aurez compris, c’est la banlieue que je veux associer à cette médaille. C’est pour cette banlieue, populaire, solidaire, et dynamique que je l’ai acceptée. C’est cette banlieue-là que je veux mettre à l’honneur ce soir. Pas une banlieue geignarde ou misérabiliste, mais celle que vous formez ce soir dans votre diversité, résistante, on dirait aujourd’hui résiliente, revendicative, inventive et novatrice. C’est elle qu’il faut décorer.

Enfin pour finir un appel. Il y a quelques années, lors du discours des vœux de Plaine Commune je citais les paroles d’un jeune vieillard de 95 ans, Edgar Morin. Celui-ci nous rappelait que nous vivions dans un monde contradictoire, complexe et incertain. Aujourd’hui, ces trois adjectifs caractérisant notre société ont une actualité de plus en plus grande. Surtout d’ailleurs les deux derniers. 

« Toute réponse simpliste, populiste à la complexité du monde nous amènera à la catastrophe. Il faut prendre le temps de comprendre cette complexité, de mettre en œuvre des pratiques nouvelles, de bousculer les institutions mais aussi d’apporter des réponses immédiates pour ceux qui n’ont pas le temps d’attendre ».

Sans ce travail, il est à craindre que l’ignorance et la médiocrité continuent à prospérer y compris dans les isoloirs. Il est de notre devoir d’empêcher d’autres présidents d’être élus, sur une campagne et des objectifs qui sont construits sur des verbes nauséabonds : mentir, mépriser, abuser, stigmatiser, insulter, intimider, menacer.

Et si nous voulons rendre l’avenir du monde moins incertain et lui donner un sens, une orientation humaniste, et progressiste, il est urgent de reconstruire un commun possible. Dans un texte court mais dense, une communication faite dans un colloque de Cerizy, Bernard Stiegler démontre comment  la perte de ce commun, d’un « nous » porteur de sens et de projet collectif partagé, comment cette perte du « nous » peut créer des individus, des « je » monstrueux qui passent aux actes les plus fous à New-York, à Bagdad, à Nanterre, à Paris, à Saint-Denis, à Alep, à Nice  et chaque jour dans le monde. Il est bon de le rappeler : nous avons la responsabilité d’être les « oeuvriers » de la construction d’un nouveau « en-commun », où chacun trouvera sa place. Ce n’est rien d’autre que ce nous proposait Jean Bellorini, il y a tout un an en nous incitant au théâtre malgré tout.

« Saint-Denis est une ville riche, vivante, dont l’énergie bouillonnante produit des petits miracles chaque jour. A Saint-Denis, les cultures, les religions, les modes de vie se côtoient et s’acceptent. Ce fameux vivre ensemble dont on nous rebat les oreilles, s’expérimente ici-même. 

La plupart du temps, vivre et travailler à Saint-Denis est joyeux et stimulant. Vivre et travailler à Saint-Denis remet en question les idées reçues sur la jeunesse, l’immigration, l’insécurité. Vivre et travailler à Saint-Denis donne souvent de l’espoir.

Les évènements tragiques que nous vivons actuellement, si proches géographiquement ne doivent pas nous faire oublier ce qu’il y a de beau dans cette ville. La violence aveugle de quelques-uns ne doit pas effacer en une nuit le modèle de société que nous inventons ici, du mieux que nous pouvons ». 

Pour conclure je reprendrai les mots que j’avais, selon Anne Filliol, prononcés lors d‘une rencontre avec les personnels de Plaine Commune : « l’élu, c’est celui qui mobilise autour d’une vision, d’un projet. C’est celui qui porte une ambition pour tous, en particulier pour ceux qui n’en ont plus. C’est celui qui fait rêver quand les temps sont durs. C’est celui qui rend possible quand tout nous porte à croire que tout est impossible ». C’est ce que je me suis efforcé d’être et n’ayez crainte c’est que je continuerai à être un certain temps (merci Fernand Raynaud).

Merci à vous tous ! 

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